Sénégal : Comment un réseau criminel a pu détourner plus de 338 millions sans être arrêté plus tôt ?

Sénégal : Comment un réseau criminel a pu détourner plus de 338 millions sans être arrêté plus tôt ?

Baptiste Lacomme

Au Sénégal, les autorités ont démantelé un vaste réseau d’escroquerie opérant depuis plusieurs années. La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité a lancé son action suite à de nombreuses plaintes provenant de tout le territoire. Les investigations ont conduit à l’interpellation de quatre personnes, dont deux ont été déférées pour escroquerie organisée, blanchiment d’argent et usurpation d’identité. Le préjudice global s’élève à plus de 338 millions de francs CFA, affectant gravement les victimes.

Parmi les victimes figure un homme en situation de handicap ayant perdu 101 millions de francs CFA. Les enquêteurs poursuivent leurs opérations pour identifier les complices restants et établir l’ensemble des responsabilités. Les autorités ont reconnu que les personnes isolées ou à mobilité réduite constituaient des cibles prioritaires pour ce type d’arnaque. La dimension transnationale du réseau nécessite un approfondissement des investigations en cours.

Le mécanisme frauduleux reposait sur un contact initial via WhatsApp ou courrier électronique. Les escrocs usurpaient l’identité d’un proche éloigné ou d’une ancienne relation avant de proposer une soi-disant opportunité d’exportation de produits vers des laboratoires internationaux. Le discours présenté était séduisant, mettant l’accent sur une forte rentabilité pour attirer les victimes dans le piège.

Une fois la confiance établie, les victimes effectuaient plusieurs versements via des plateformes de transfert d’argent. Les paiements étaient fractionnés sur plusieurs mois pour maintenir les victimes dans une relation pseudo-commerciale et échapper aux alertes de contrôle. La DSC a analysé les transactions pour retracer les mouvements de fonds et identifier les membres du réseau.

L’intervention des agents spécialisés s’est déroulée le 14 novembre avec quatre arrestations à Sédhiou et Dakar. Les perquisitions ont confirmé la présence de contacts basés hors du pays. Depuis 2022, une quarantaine de plaintes avaient été enregistrées, formant la base du dossier unique. Les autorités confirment que toutes les victimes identifiées seront contactées pour les formalités d’enquête et les opérations se poursuivent pour localiser les complices non appréhendés.

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