Ce que les accusations contre TotalEnergies révèlent sur les crimes de guerre présumés en Afrique

Ce que les accusations contre TotalEnergies révèlent sur les crimes de guerre présumés en Afrique

Romain Mazzotti

Le géant français de l’énergie TotalEnergies fait face à une plainte en France concernant une présumée complicité dans des crimes de guerre au Mozambique. L’organisation européenne ECCHR accuse l’entreprise d’avoir soutenu des opérations militaires locales responsables de graves violations contre les civils. Cette action judiciaire a été portée devant le parquet national antiterroriste à Paris en novembre 2025.

Au cœur de l’affaire se trouve le projet gazier de TotalEnergies situé dans le nord du Mozambique. L’ECCHR affirme que l’entreprise a fourni un appui financier et matériel à la Joint Task Force, une unité composée de forces armées mozambicaines. Entre 2021, cette unité aurait commis des détentions, tortures et exécutions contre plusieurs dizaines de personnes civiles. L’ONG considère que cet appui direct équivaut à une complicité manifeste.

Cette situation ne constitue pas un cas isolé en Afrique. D’autres multinationales ont déjà affronté des accusations similaires sur le continent. Lundin Energy a été poursuivie pour ses activités au Soudan, où ses opérations pétrolières auraient indirectement financé des opérations militaires meurtrières. En République démocratique du Congo, des entreprises minières comme Anvil Mining et AngloGold Ashanti ont été accusées de fournir un soutien logistique ou financier à des groupes armés avec des conséquences humaines catastrophiques.

TotalEnergies opère à l’échelle mondiale dans environ 120 pays, intervenant dans l’exploration, la production, la transformation et la distribution d’énergie. Les tribunaux français doivent déterminer si le soutien allégué constitue légalement une complicité et si la multinationale peut être tenue responsable des actes des forces locales. Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des entreprises étrangères dans les zones de conflit.

Les enjeux juridiques s’accompagnent de risques réputationnels majeurs pour le groupe français. Cette procédure interroge les responsabilités des géants énergétiques opérant dans des contextes géopolitiques instables, notamment concernant le contrôle de leurs partenaires locaux et la prévention des abus contre les populations civiles.

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