
Sylvia et Noureddin Bongo, respectivement épouse et fils de l’ancien président gabonais Ali Bongo, ont obtenu l’autorisation de quitter le Gabon après avoir passé 20 mois en détention. Ils résident actuellement à Londres, au Royaume-Uni, loin des poursuites judiciaires qui les visent.
Les deux anciens dignitaires ont été condamnés par contumace à 20 ans de prison chacun pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent. Le jugement s’est déroulé en leur absence ainsi qu’en celle de leurs avocats, sous la présidence du magistrat Jean Mexant Essa Assoumou. Un mandat d’arrêt international a également été émis contre eux.
Au-delà de la peine d’emprisonnement, la justice gabonaise a imposé des dommages financiers considérables. Noureddin Bongo doit verser près de 1 300 milliards de FCFA tandis que Sylvia Bongo doit payer environ 57 milliards de FCFA en réparation des préjudices causés à l’État gabonais.
La Cour a également ordonné des mesures confiscatoires étendues. Plusieurs dizaines d’entreprises, des permis pétroliers et des actifs immobiliers ont été saisis, aussi bien au Gabon qu’à l’étranger. Les avoirs bancaires des deux condamnés ont également été gelés.
Nicaise Moulombi, vice-président du conseil économique, social et environnemental du Gabon, appelle à une application ferme de la loi. Il préconise d’activer la convention d’entraide judiciaire signée en 2023 entre la France et le Gabon, ainsi que de mobiliser Interpol pour tracer les fugitifs et utiliser tous les mécanismes juridiques disponibles pour les ramener à la justice.
Les procès des autres accusés, qui demeurent à Libreville, revêtent une importance capitale pour la population gabonaise. Ces audiences futures sont attendues comme des moments déterminants dans la quête de justice et la manifestation de la vérité concernant les accusations de corruption.



