Ce qu’il faut savoir sur Goma en RDC un an après les événements qui ont bouleversé la région

Esteban Ortega

Il y a un an, les combats faisaient rage à Goma. Aujourd’hui, les balles se sont tues, mais les plaies restent ouvertes. La sécurité militaire est revenue, cependant les conséquences économiques demeurent dévastatrices pour la population. Les habitants tentent de reconstruire leurs vies dans un contexte de précarité extrême.

Pour Eddy Rachidi, cette guerre a laissé une marque indélébile. Il a reçu une balle dans la cuisse lors des affrontements de janvier 2025. Survivant grâce aux soins d’un hôpital soutenu par le CICR, il souffre toujours. Les financements pour ses soins se sont arrêtés, et il doit maintenant se débrouiller seul.

Comme beaucoup d’habitants, Eddy a repris une activité de survie en lavant des voitures. Ses gains suffisent à peine pour manger et ne couvrent pas les frais médicaux dont il a besoin. Il confie : « Jusqu’à présent, j’ai encore des problèmes avec ma jambe ». Son quotidien illustre la lutte permanente des survivants.

La paralysie économique de la ville est totale et désastreuse. L’aéroport international reste fermé depuis un an, et toutes les banques de la ville sont également fermées. Cette fermeture bancaire force les habitants à garder leur argent chez eux, créant un risque sécuritaire nouveau et paralysant toute activité formelle.

Jeannette Mihigo, commerçante, en subit les conséquences chaque jour. Avant, elle vendait facilement aux voyageurs. Aujourd’hui, ses ventes ont chuté spectaculairement. Elle peine à gagner 5 000 francs congolais par jour, juste assez pour nourrir ses enfants. Elle reconnaît toutefois : « Les années précédentes, nous vendions facilement, mais nous ne vivions pas tranquillement ».

Justin Sanzabera lance un appel désespéré au président Félix Tshisekedi. Il supplie d’engager des « discussions sincères » avec les rebelles, affirmant que c’est la population qui paie un lourd tribut. Il insiste sur le fait que la fermeture des banques et de l’aéroport provoque « une grande famine ».

Malgré les pourparlers diplomatiques, la paix définitive n’arrive pas. Les rebelles du M23 consolident même leur administration dans les zones contrôlées et progressent vers le sud. Ils se dirigent vers de nouvelles zones minières stratégiques, consolidant ainsi leur emprise territoriale.

Un an après la prise de Goma, l’urgence pour les habitants n’est plus seulement militaire. Elle est aussi humanitaire et économique, exigeant des solutions immédiates et durables. La vie tente de reprendre dans la ville, mais dans un contexte de précarité où le calme apparent cache une profonde détresse économique.

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