Coup d’État avorté au Burkina Faso : ce que révèle le ministre de la sécurité sur la tentative contre Ibrahim Traoré

Annabelle Chesnu

Le gouvernement du Burkina Faso a déclaré, le 7 janvier 2026, avoir déjoué une tentative de coup d’État contre le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition. Les autorités ont désigné Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président transitoire, comme principal instigateur présumé de cette opération, selon les déclarations du ministre de la Sécurité nationale.

Mahamadou Sana, ministre de la Sécurité, a affirmé que le complot visait à assassiner le chef de l’État par tir rapproché ou explosifs au domicile. Le plan incluait également l’élimination de responsables civils et militaires, la neutralisation de capacités aériennes et la destruction de la base de drones de Sapone. Le démantèlement du complot aurait résulté de la compétence des services de renseignement burkinabè.

Les autorités ont accusé Damiba d’avoir organisé l’opération, mobilisé des fonds et recruté des civils et militaires pour la réaliser. Des vidéos de confessions seraient mises à la disposition des médias, selon le ministre. Des enquêtes et des arrestations étaient en cours au moment de l’annonce officielle, avec quatre officiers déjà appréhendés.

Le gouvernement a mentionné des financements provenant de pays voisins pour soutenir le projet. Plusieurs individus ont été présentés à la télévision d’État : un homme d’affaires collecteur de fonds, un capitaine militaire chargé d’une mission contre la base aérienne, et un sous-officier censé mobiliser des combattants. Des publications sur les réseaux sociaux auraient incité des citoyens à descendre dans la rue samedi pour contribuer à prévenir le coup d’État.

Des observateurs externes ont cependant exprimé des doutes sur la crédibilité de ces accusations répétées. Ils estiment que ces annonces de complots peuvent servir à renforcer le soutien politique au régime ou à discréditer des adversaires. Cette situation intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité politique et militaire récente.

Le Burkina Faso fait face depuis plusieurs années à une insécurité majeure causée par les groupes djihadistes, entraînant des déplacements massifs de populations et des crises humanitaires. Le capitaine Traoré a accédé au pouvoir après une junte militaire, dans une région traversée par plusieurs coups d’État récents. Les autorités poursuivent leurs enquêtes et appellent quiconque dispose d’informations à se manifester.

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