
Depuis plusieurs années, les drones ont cessé d’être réservés aux civils et aux militaires. Les groupes armés les utilisent comme outil principal pour effectuer des missions de reconnaissance, surveiller les positions militaires et mener des attaques ciblées. Face à cette menace croissante qui expose davantage les civils et les forces armées, Assimi Goïta souhaite mettre en place un cadre réglementaire pour empêcher leur appropriation par les jihadistes et les rebelles.
Le gouvernement malien a adopté un projet de décret lors du Conseil des ministres du 16 janvier. Ce texte reconnaît que les drones civils, de plus en plus performants et accessibles, risquent d’être détournés. Ils pourraient servir à perpétrer des attaques terroristes, effectuer des surveillances illégales ou transporter des charges explosives ou chimiques.
Plusieurs groupes terroristes au Mali ont déjà intégré des drones sophistiqués dans leurs opérations. Le Front de libération de l’Azawad, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, ainsi que l’État islamique au Grand Sahara disposent de ces appareils. Cette escalade technologique complique considérablement la lutte antiterroriste dans la région.
La réglementation proposée vise à contrôler l’acquisition, l’utilisation et la circulation des drones dans l’espace aérien malien. Cependant, un défi majeur se pose: comment réglementer sans entraver les usages légitimes dans l’agriculture, la cartographie, les médias et l’aide humanitaire? Trouver cet équilibre reste une question fondamentale.
L’État malien fait face à des obstacles supplémentaires. Le marché informel des drones est largement incontrôlable, et les circuits de contrebande prolifèrent. Identifier les usages illicites s’avérera complexe dans ce contexte. Le décret doit d’abord passer par le Conseil national de transition avant sa promulgation. Une fois mis en œuvre, il renforcera potentiellement l’arsenal juridique du Mali face à cette menace technologique en constante évolution.



