Barbecue reste introuvable après les attaques de drones contre ses propriétés à Port-au-Prince en Haïti

Aliou Sembène

Jimmy Chérizier, connu sous le surnom Barbecue, demeure introuvable plusieurs jours après l’opération militaire du 14 janvier 2026. Les forces de sécurité haïtiennes, soutenues par des contractants privés et la police kenyane, ont intensifié leur offensive contre la coalition Viv Ansanm. Cependant, elles n’ont pas neutralisé ce chef emblématique. Les organisations de défense des droits humains évoquent des fuites d’informations ayant permis aux leaders criminels d’échapper aux frappes. Le silence entourant sa localisation alimente toutes les spéculations.

L’opération du 14 janvier 2026 a visé deux propriétés de Barbecue dans le quartier de Delmas 6 à Port-au-Prince. Les images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une explosion d’une violence inouïe. Un épais nuage de fumée grise s’est élevé dans le ciel de la capitale. Plusieurs unités spécialisées de la Police nationale haïtienne ont travaillé de concert avec les Forces armées et des agents de sécurité privés. Les habitants observaient la scène avec stupeur et espoir.

Malgré l’ampleur des moyens déployés et la destruction totale des infrastructures ciblées, aucune confirmation officielle concernant le sort de Barbecue n’a été apportée. Les autorités n’ont communiqué sur aucune blessure, capture ou décès. Cette absence d’information tranche avec les annonces triomphales du Premier ministre. Les précédentes tentatives similaires n’ont jamais permis d’appréhender les principaux responsables criminels, suggérant des avertissements préalables.

Jimmy Chérizier, né en 1977 dans le quartier de Delmas, a gravi les échelons de la Police nationale haïtienne avant de basculer vers la criminalité. En novembre 2018, il aurait orchestré le massacre de La Saline faisant au moins soixante-et-onze victimes. Congédié un mois plus tard et visé par un mandat d’arrêt, il a choisi la clandestinité. En juin 2020, il a créé le G9 et Famille, une fédération regroupant initialement neuf groupes armés contrôlant des artères vitales de Port-au-Prince.

Les accusations contre lui incluent des massacres successifs dans les quartiers de Bel Air et Cité Soleil. Le département américain du Trésor lui a imposé des sanctions en décembre 2020. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a unanimement voté une résolution instaurant un gel de ses avoirs deux ans plus tard. Washington offre cinq millions de dollars pour toute information conduisant à son arrestation.

Depuis la fin décembre 2025, les opérations se sont multipliées dans le centre de Port-au-Prince avec le soutien de la Mission multinationale. Ces interventions combinent des frappes aériennes par drones et des progressions terrestres accompagnées de bulldozers. Les résultats communiqués par la police font état de trente-trois armes à feu saisies. Les gangs contrôleraient encore environ quatre-vingt-dix pour cent de la capitale selon les estimations onusiennes.

L’échéance du 7 février 2026 marque la fin officielle du mandat du gouvernement de transition sans plan de succession politique annoncé. Cette incertitude institutionnelle complique la stratégie sécuritaire alors que Barbecue a exprimé des ambitions politiques dans le passé. Il a déjà démenti des rumeurs de mort en publiant une vidéo horodatée. Tant que sa localisation demeurera inconnue, la population haïtienne continuera de vivre dans l’angoisse d’une résurgence violente.

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