Au Togo, la communauté rend un dernier hommage poignant à ce professeur victime d’une lapidation brutale

Rob Laurens

Le 11 janvier 2026, un tragique événement a endeuillé le Togo. Un enseignant a perdu la vie à l’école primaire publique de Dodomé, dans la commune du Golfe 3. Des jeunes ont commis cet acte d’une violence extrême contre un pédagogue qui tentait de maintenir l’ordre lors d’une rencontre sportive. Cette mort suscite une vive émotion dans le pays et sur les réseaux sociaux.

Au moment des faits, l’enseignant effectuait une tâche ordinaire : corriger les travaux de ses élèves. Des adolescents âgés de 16 à 19 ans ont escaladé les clôtures de l’école pour organiser une partie de football. Face à cette intrusion, le maître a posé des questions simples et formulé une demande de respect envers le lieu d’apprentissage. Sa remontrance calme n’a reçu que violence en retour.

L’attaque a été impitoyable. Les jeunes agresseurs ont lapidé l’enseignant sans interruption ni pitié. Pas le temps de crier, pas le temps de comprendre : la victime s’est effondrée et a rendu l’âme à l’hôpital. Un drame qui illustre l’ampleur des défaillances dans la société. Cet homme dédié à l’éducation a été assassiné pour avoir défendu les valeurs fondamentales.

Innocent Lebon, collègue du défunt, a publié un hommage poignant sur les réseaux sociaux. À travers ce message intitulé Une craie enterrée, il pose des questions essentielles : d’où provient cette violence chez ces adolescents ? Il évoque les écrans sans restriction, l’absence d’éducation familiale, et l’abandon des règles par crainte de réprimer la liberté. Ces facteurs auraient nourri la brutalité qui a causé la mort.

Le message d’hommage dénonce aussi les conséquences humaines de ce crime. Une famille perd son père et pourvoyeur. Des élèves perdent leur maître. Des collègues perdent un pair. L’auteur du tribute appelle à une prise de conscience collective : il faut protéger l’école, les enseignants et les enfants d’eux-mêmes. Cette tragédie révèle une vulnérabilité généralisée : personne n’est à l’abri.

Le message se termine par un avertissement grave : l’innocence apparente de la jeunesse peut cacher une réalité dangereuse. Ces enfants croisés quotidiennement dans les rues pourraient représenter une menace existentielle. L’hommage ne demande pas simplement des larmes, mais un réveil collectif et des mesures de protection pour préserver l’intégrité des institutions éducatives et de ceux qui les servent.

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