Le Niger dissout près de la moitié de ses ONG, une décision qui pourrait bouleverser l’aide humanitaire dans le pays

Annabelle Chesnu

Les autorités nigériennes ont procédé à une dissolution massive d’organisations non gouvernementales et d’associations. Un arrêté ministériel du 7 janvier 2026 officialise cette action, visant des structures qui ont failli à leurs obligations de transparence financière et n’ont pas soumis leurs documents comptables dans les délais requis.

Parmi les milliers d’entités associatives fonctionnant au Niger, seulement 1 809 ont conservé leur autorisation d’opération. Ce nombre comprend 1 684 organisations nationales et 125 structures internationales. Toutes les autres organisations ont été radiées du registre officiel, malgré les avertissements préalables adressés par les autorités compétentes.

La procédure trouve son origine en novembre 2025, lorsque le gouvernement a ordonné la suspension immédiate des ONG défaillantes concernant la publication de leurs états financiers 2024. Un premier délai de soixante jours a été accordé pour régulariser la situation, avant réduction à trente jours. Entre novembre et décembre 2025, des vérifications nationales ont confirmé la non-conformité de nombreuses structures.

Les organisations créées depuis moins d’un an n’étaient pas soumises à cette mesure. Le gouvernement a justifié cette opération par le défaut répété de respect des exigences réglementaires et la défaillance dans la fourniture de documents essentiels, malgré plusieurs demandes formelles.

Ce durcissement s’inscrit dans une tendance plus large de renforcement du cadre légal. Un décret de février 2022 avait déjà considérablement augmenté les obligations imposées aux ONG. Plus récemment, février 2025 a vu la création d’un comité technique de supervision. Un forum national réunissant autorités et acteurs humanitaires s’est déroulé fin octobre 2025 à Tillabéri pour débattre de transparence et de responsabilité.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer